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GASTON BONHEUR

Né à Belvianes, Gaston Tesseyre ne connaîtra jamais son père, tué dans les premiers jours de la guerre de 14. Le petit Gaston, pupille de la nation, suit alors sa mère, institutrice, qui retrouve Barbaira et sa famille. On comprendra à la lecture de ses romans pourquoi Tesseyre est devenu Bonheur. Il a tout simplement francisé le nom languedocien de la grand-mère Bonhoure. A 20 ans, une grande carrière littéraire semble s’ouvrir pour ce jeune homme qui vient de publier son premier roman « La mauvaise fréquentation » dans la prestigieuse N.R.F. Paul Valéry, Max Jacob, Jean Cocteau sont conquis par le jeune écrivain. Mais Gaston Bonheur, après avoir été proche des surréalistes, délaisse un temps la littérature pour le journalisme. Le voilà grand reporter à Paris-Soir auprès de Pierre Lazareff. Il est envoyé spécial du côté républicain dans la guerre civile espagnole. Il devient après la libération, à laquelle il contribua, rédacteur en Chef de Paris-Match. Dés lors, le journalisme va être son terrain de prédilection. Entre deux escapades à Floure dont il a loué le Château, l’homme de presse devient homme de pressoir à mi-temps. Tous ceux qui ont fréquenté la rue Pierre Charron ont connu le vin de Gaston et ses Corbières qu’il a toujours porté dans son coeur. Dés lors s’ensuit une carrière fulgurante dans le plus grand groupe de presse de cette époque, celui de Jean Prouvost. Après avoir été nommé Directeur de Paris-Match, le voilà à la tête du groupe, dirigeant en outre, Le Figaro, Télé 7 jours, Cosmopolitan… Mais c’est dans ses vignes et dans les écoles publiques qu’il prend toute son inspiration. « Je vais dans les vignes et y suis très bien car c’est maintenant le seul endroit où l’on parle, occitan » disait-il avec son accent rocailleux que les années parisiennes n’ont jamais gommé. L’école de la République fut élevée par ce radical-socialiste d’origine, avant d’être gaulliste, au rang d’une belle institution.Une partie de ses quelques vingt romans en témoignent, avec le premier d’une trilogie « Qui a cassé le vase » de Soissons ?». Il signe également un livre remarquable « Si le Midi avait voulu ». Mais c’est dans l’un de ses derniers ouvrages, « Soleil Oblique » que cet occitan authentique met le cap sur l’utopie. Avant sa retraite, Gaston Bonheur avait acheté le Château de Floure où l’on voit défiler bon nombre de personnalités du monde des arts et de la littérature ainsi que des amis chanteurs, comme Charles Trénet, pour qui il signera des chansons. Gaston Bonheur est allé rejoindre le ciel des poètes, accompagné du chant de la « lauzetto » le 4 septembre 1980.

Jean-Yves Tournié

LA REDACTION
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