Sans doute un siège voire un strapontin à l’Académie Française où sa candidature obtint une voix, aurait-elle couronné l’esprit de provocation qui pimente l’oeuvre de Jean-Marie Besset, auteur de théâtre, natif de Limoux. L’oeuvre comme la vie de l’électron libre de la scène française et du théâtre privé, nageant comme un poisson dans l’eau dans le marigot de la polémique, adepte du pas de deux au sabbat des préjugés et des idées reçues. La liste des“méfaits” de cet enfant du siècle, est fournie au regard de la petite cinquantaine qui peine à percer sous un physique d’adolescent perturbé. Sa première oeuvre “Villa Luco” la rencontre -improbable- entre De Gaulle et Pétain en 1989 créée au Théâtre National de Strasbourg ne passe pas inaperçue. Suivront une vingtaine de pièces saluées diversement par la critique, ponctuées de récompenses (lauréat de la SNCD prix de la meilleure création, prix du nouveau talent (1993), prix de Jeune théâtre et grand prix de l’Académie Française). Il est nommé à dix reprises aux Molières, 6 à titre d’auteur, 4 à celui d’adaptateur d’auteurs américains. C’est naturellement, porté par les interrogations sur l’avenir du théâtre et de la création qu’il se destine à l’orée des années 2000. Deux engagements baliseront désormais son itinéraire: la création sur Limoux et sa région du festival d’été des Nouveaux Auteurs dans la Haute Vallée de l’Aude (NAVA), Le pari lancé au coeur de l’été au sortir du festival d’Avignon, n’est pas mince. Susciter le goût du théâtre à des publics de zone rurale en proposant des lectures de pièces de jeunes talents ou d’opus inédits d’auteurs confirmés, portés par des comédiens professionnels, parfois des têtes couronnées de la scène et de l’écran. Jardins (presque) secrets , abbayes silencieuses, lieux de repli de la mémoire abandonnée à la mélancolie d’un temps figé , accueillent la parole d’une époque pressée par les situations et les évènements où l’actualité qui se bouscule prétend faire oeuvre d’histoire. La nomination contestée par une partie de la profession dont Patrice Chéreau à la direction du centre dramatique national de Montpellier occupera durant quatre ans l’emploi du temps de Jean- Marie Besset à qui l’on reproche d’avoir bénéficier du coup de force du ministre de la culture de l’époque Frédéric Mitterrand, au mépris de la procédure en vigueur élaboré sur le choix du candidat selon des critères professionnels qui font défaut à Jean-Marie Besset: défaut d’expérience concernant la mise en scène, absence de reconnaissance au niveau du théâtre public. Que d’autres considèrent comme un atout, privilégiant l’instinct de l’auteur. La difficile lune de miel ponctuée de pétitions s’achèvera par le divorce imposée par la nouvelle ministre de l’éducation qui ne renouvelle pas le contrat.

Georges Chaluleau

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