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RAYMOND COURRIÈRE

Dans un film documentaire tourné deux semaines avant sa disparition, Raymond Courrière ne tarissait pas d’éloges sur la personne de Florentin Mendizabal, présent à ses côtés devant la caméra plantée au coeur de la Montagne Noire, l’unique rescapé du massacre de Trassanel perpétré par l’armée allemande le 8 août 1944. Les cadavres des 44 maquisards fusillés, des jeunes du pays en majorité, avaient été retrouvés sur le bord d’une route. La silhouette de “Flo” revenait dans le souvenir de l’enfant d’autrefois, évoquant la figure du héros, grave et silencieux, musette à l’épaule s’engouffrant dans la camionnette de l’épicier rejoindre le maquis. Sans doute l’image du résistant “prêt à donner sa vie pour pas grand chose, il était pauvre, sans bien à défendre dans un pays qui ne l’avait pas bien reçu quand ses parents étaient arrivés d’Espagne” raconte Raymond Courrière, l’a-t-elle accompagné dans ses missions lorsqu’il s’est agit de défendre au plus près les interêts de ceux qui lui avaient fait confiance. Le représentant d’une des dynasties politiques audoises les plus en vue du 20ème siècle, commença par se faire un prénom dans la carrière qu’il embrassa après des études de Droit à Paris et son installation comme notaire à Montolieu. La politique le ravit très jeune: conseiller général d’Alzonne en 70 – il le restera jusqu’en 98 – conseiller régional de 73 à 81, il succède à son père Antoine Courrière à la mairie de Cuxac-Cabardès, ainsi qu’au siège de sénateur au Palais Bourbon, fonctions qu’il conservera jusqu’à sa mort en 2006. Son nom, il l’acquiert complètement lorsque François Mitterrand au lendemain de son élection à la présidence de la République en 81 le nomme secrétaire d’Etat aux Rapatriés. Il demeurera en place sous les trois gouvernements de Pierre Mauroy et de Laurent Fabius, soit jusqu’à la première cohabitation. Il retrouve son siège de sénateur en 86 occupé durant la parenthèse ministerielle par Pierre Bastié et devient président du conseil général de l’Aude dont il se retirera en 98 en faveur de Marcel Rainaud. Sa vision sur l’énergie le conduira à s’opposer en 77 à un projet de construction de centrale nucléaire à Port la Nouvelle. Enfin, il tenait à partager dans les dernières années de sa vie le devoir de mémoire à l’histoire contemporaine, en compagnie des scolaires à la découverte de lieux terribles où le prix de la liberté se payait en vies humaines, en années de désespoir dans la nuit des camps de concentration, à tous les âges.

Georges Chaluleau

LA REDACTION
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